Chronique d’une année inédite :  de la taille aux vendanges 2026

Chronique d’une année inédite : de la taille aux vendanges 2026

Nicolas Gosnet3 septembre 20260 min de lecture
Découvrez le millésime 2026 du Champagne Gosnet Roquet à Brimont : une récolte de qualité et des vendanges historiques dès le 16 août malgré la sécheresse.

L'année 2026 restera gravée dans l'histoire de mon exploitation ainsi que dans toute la Champagne comme celle de tous les records de précocité.

Voici le fil de cette campagne viticole hors norme, depuis la fin de l'hiver jusqu'au pressoir.

Le liage : dessiner la structure de la saison

Dès la taille terminée, le travail s'est poursuivi sans transition avec le liage. Cette étape consiste à courber et attacher les bois de l'année sur les fils de fer. C'est un geste minutieux qui demande de la souplesse et de la patience pour ne pas casser les futurs rameaux, amorçant ainsi les bases de la récolte à venir.

L'entretien mécanique des sols : stop aux désherbants chimiques !

Au printemps, la nature s'éveille. Pour entretenir mes sols à Brimont et limiter la concurrence de l'herbe sans recourir aux désherbants chimiques, je privilégie le travail mécanique. Pour le passage des outils j'utilise un chenillard pour le passage des interceps dont le but est de désherber sous les rangs de vignes tout en préservant les pieds. Puis pour travailler les inter-rangs j'utilise le motoculteur que mon grand-père utilisait déjà il y a quelques années... J'ai juste changé le moteur ! Cela demande une grande vigilance pour travailler la terre au plus près du cep sans jamais blesser les vieux bois. Je fais plusieurs passages tout au long du printemps afin d'entretenir mes sols.

L'ébourgeonnage : une étape importante !

Un geste minutieux à réaliser dès l'éclosion des premiers bourgeons. Je dois sélectionner et retirer tous les bourgeons non fructifères afin de limiter la végétation pour ainsi préserver au maximum la vigne des maladies et surtout obtenir une concentration d'arômes optimale dans les futures grappes. Ce geste bien exécuté me permettra aussi de simplifier ma saison de taille l'hiver prochain : tout n'est que cycle et le travail d'une année conditionne aussi le travail des années futures.

Le palissage et les travaux en vert

Avec la douceur, la croissance de la vigne s'est accélérée. C’est le moment pour moi de commencer à relever puis palisser pour discipliner la végétation. Lors du palissage, je relève les fils pour redresser les jeunes rameaux et les maintenir verticalement. Ce travail essentiel permet d'aérer les futures grappes et de leur offrir une exposition maximale au soleil. Cette étape a déjà été bien précoce cette année et laissait déjà entrevoir que cette saison serait particulièrement hâtive.

Suite au palissage vient le moment de rogner la vigne, avec mon chenillard ou une cisaille je viens couper les rameaux qui dépassent. J'ai pour habitude de pratiquer un rognage raisonné en laissant de la vigueur à la vigne, généralement plusieurs passages sont nécessaires du palissage aux vendanges mais cette année suite aux différents épisodes caniculaires et à la sécheresse j'ai décidé de ne pas repasser après un premier rognage au printemps afin de ne pas rajouter du stress à des plantes déjà en souffrance hydrique.

Un printemps protecteur face aux aléas

Le printemps est traditionnellement une période d'inquiétude, où l'on redoute le gel ou la grêle. En 2026, la météo s'est montrée clémente avec mes parcelles de Brimont. J'ai eu la chance d'être épargné par ces épisodes climatiques destructeurs qui n'ont malheureusement pas épargné tout la Champagne. Cela qui m'a permis d'aborder l'été plus sereinement.

Une sécheresse estivale et une précocité historique

L'été s'est ensuite installé sous le signe d'une forte sécheresse et d'une succession de canicules. Face au manque d'eau, la vigne a su puiser ses ressources en profondeur dans notre sous-sol crayeux. Le développement des raisins s'est alors accéléré de manière spectaculaire, bousculant tous les calendriers habituels.

Malheureusement certains jeunes plans de Meunier que j'avais entreplantés à l'automne n'ont pas résisté à la sécheresse malgré quelques arrosages nocturnes pendant les périodes les plus chaudes.

La maturité parfaite des baies m'a conduit à ouvrir les vendanges le 16 août pour les teminer le 22 août.

Pour mesurer le caractère exceptionnel de cette année : la date à laquelle j'ai terminé ma récolte cette année (le 22 août) s'avère plus précoce que ma date de début de vendanges la plus hâtive jusqu'alors (un 23 août).

Le verdict : un millésime 2026 prometteur

Malgré un déficit hydrique marquant, la récolte est belle et de grande qualité. Les premiers jus sortis du pressoir affichent un bel équilibre et un potentiel aromatique très prometteur. La nature a imposé un rythme exigeant à l'artisan que je suis, mais le résultat est au rendez-vous.

J'ai hâte de vous faire découvrir l'évolution de ce millésime historique dans les futures cuvées du Champagne Gosnet Roquet.

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